Prescripteurs sur les modes de transport utilisés, les chargeurs sont au cœur des préoccupations des acteurs du transport. Ce baromètre a pour objectif de donner la parole aux chargeurs et d’évaluer leur perception en matière de transport fluvial et combiné.
Notre cabinet réalise, en partenariat avec l’AUTF, la deuxième édition du baromètre de transport fluvial. Ces éléments seront mis à jour d’une année sur l’autre pour définir des tendances et proposer ainsi une vision aux acteurs du secteur.
Les propos recueillis permettent de dresser un état des lieux sur les modes privilégiés par les chargeurs pour transporter leurs marchandises, sur la lisibilité de l’offre de transport fluvial et la satisfaction associée.
De ces considérations se dégagent des tendances d’évolution du fluvial dans les prochaines années. Pour cette nouvelle édition, un focus renforcé a été réalisé sur l’appréciation de la qualité de service par les chargeurs, dans ses différentes dimensions, en partenariat avec l’Université Gustave Eiffel dans le cadre des travaux de l’Observatoire national de la logistique.
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Quels usages pour le transport fluvial et combiné ?
En 2024, les secteurs qui ont eu le plus recours au transport fluvial sont le bois papier (moins représentés dans le panel de cette année), mais aussi largement l’agriculture (30%), suivis par l’automobile (25%).
Les usages des modes sont cohérents avec les secteurs d’activité concernés. Les industries qui utilisent le plus le conventionnel sont l’agriculture, les granulats et matériaux de construction. Les acteurs de la grande consommation sont ceux qui utilisent davantage le combiné. L’utilisation du Short Sea reste assez limitée, à l’exception du secteur automobile (en dessous de 10% pour l’ensemble des industries).
Les attentes des chargeurs bien identifiées mais un effort d’innovation encore insuffisant
Les chargeurs du panel ont une vision négative de l’innovation des services dans le fluvial : seulement 14% l’estiment bonne, tandis que 29% la jugent insuffisante, 36% très insuffisante et 7% vont même jusqu’à la qualifier d’inexistante.
Aussi, 69% des chargeurs se sont vu proposer des services innovants en 2024 contre seulement un quart l’an passé. S’il s’agit d’une forte progression, elle ne se concrétise pas encore assez pour les chargeurs.
Parmi les services innovants, la réduction de l’impact environnemental (motorisations à énergies décarbonées) est l’élément le plus repris (58%), devant la mise à disposition de données/informations (17%) et la contractualisation (17%). Précision importante : aucun chargeur parmi les répondants ne s’est vu proposer de services innovants concernant la traçabilité des marchandises.
Ces résultats collent avec les attentes des chargeurs en matière d’innovation, qui se dirigent principalement vers la réduction de l’impact environnemental : les motorisations à énergies décarbonées (pour 67% d’entre eux), la contractualisation (47%) et la mise à disposition de données/informations (33%).
Une offre de transport qui correspond partiellement aux besoins des chargeurs…
89 % des répondants estiment que l’offre de transport fluvial conventionnel répond partiellement à leurs besoins et 11% totalement, contre seulement 39% l’an dernier.
L’ensemble des grands chargeurs raccordés à la voie d’eau ont répondu « oui partiellement » , confirmant la tendance observée l’an passé : étonnamment le raccordement à la voie d’eau n’est pas un gage de meilleure adéquation de l’offre. Cela pourrait refléter, en partie, les attentes insatisfaites en matière d’innovation, suggérant que l’adaptation des services ne suit pas pleinement l’évolution des besoins du marché.
En complément, trois quarts des répondants estiment que l’offre de transport combiné fluvial correspond partiellement à leurs besoins tandis que 25% estiment que l’offre ne correspond pas du tout à leurs besoins. Cela traduit les efforts d’adaptation nécessaires pour intégrer un maillon fluvial dans la supply chain, notamment du fait de délais plus longs, de difficultés en logistique urbaine ou encore une moindre offre sur les hinterlands portuaires.
La qualité de la prestation au rendez-vous
Pour 78% des répondants, la qualité de service du transport fluvial se situe entre « excellente » et « bonne » (avec notamment 25% de « très bonne »). Il s’agit là d’une amélioration par rapport à la précédente édition, dans laquelle 56% du se déclaraient entre « très satisfait » et « satisfait » du transport fluvial.
Aussi, 36% du panel estiment que la qualité de service du transport fluvial s’est améliorée en 2024, tout en soulignant qu’aucun répondant n’estime que celle-ci s’est dégradée. Du côté du transport combiné fleuve/route les résultats sont hétérogènes : alors que plus de la moitié du panel estime que sa qualité de service est « bonne » ou « très bonne », 25% la jugent tout de même « insuffisante ».
En ce qui concerne l’évolution de sa qualité de service, aucun des répondants ne constate là encore de dégradation. Il est ainsi possible de conclure que, dans l’ensemble, l’évolution de la qualité de service du mode fluvial (conventionnel et fleuve/route) est meilleure que celle du mode ferroviaire (conventionnel et rail/route).
Les données clés
Acteurs et écosystème
Le rôle des commissionnaires de transport semble se maintenir, même si leur proactivité et démarchage vis-à-vis de ce panel est en recul par rapport à l’an dernier.
L’offre
Les chargeurs du panel ont une vision négative de l’innovation des services dans le fluvial : ainsi, seulement 14% du panel la jugent bonne, tandis que 29% du panel l’estiment insuffisante, 36% très insuffisante, et 7% vont même jusqu’à la qualifier d’inexistante.
L’ensemble des grands chargeurs raccordés à la voie d’eau a répondu que l’offre ne correspondaient que partiellement à leurs besoins, confirmant la tendance observée l’an passé : étonnamment le raccordement à la voie d’eau n’est pas un gage de meilleure adéquation de l’offre. Cela pourrait partiellement refléter, des attentes insatisfaites en matière d’innovation, suggérant que l’adaptation des services ne suit pas pleinement l’évolution des besoins du marché.
Qualité de service
36% du panel estiment que la qualité de service du transport fluvial s’est améliorée cette année.
Satisfaction
Avec une satisfaction globale évaluée à 3,26/6, le transport fluvial répond convenablement aux attentes des chargeurs, bien que des axes d’amélioration clairs se dégagent.
Report modal vers les modes massifiés
En 2024, plus de la moitié des répondants déclare faire du report modal vers un mode massifié. Il s’agit d’un résultat plutôt encourageant au vu de la conjoncture de cette année.
La majorité du panel (61%) a fait du report modal du fluvial vers la route en 2024, 15% des répondants estiment même y avoir eu fortement recours. On peut y déceler l’impact d’événements marquants en 2024 (JOP, accident du pont de Sully, périodes de crues/sécheresse).
Un baromètre représentatif
Le panel est composé de chargeurs industriels et de distributeurs utilisant le transport fluvial ou combiné, ayant répondu entre décembre 2024 et mi-février 2025 à un questionnaire en ligne adressé par l’Association des Utilisateurs de Transport de Fret (AUTF).
En proportion, le panel est constitué majoritairement de donneurs d’ordres « industriels » (67%), et à 33% de donneurs d’ordres « distributeurs ».
Cette année, le panel est exclusivement composé d’acteurs français et 35% des répondants voient leurs marchandises circuler en Europe, tous modes confondus, 44% en France uniquement et 22% à l’international. Il y a cette année une plus forte représentation de chargeurs dont les marchandises circulent en Europe que les années précédentes.
Enfin, en termes de chiffres d’affaires, 44 % des répondants cette année réalisent un CA supérieur à 1 milliard d’euros, 28% supérieur à 10 milliard d’euros, 39 % entre 500 M€ et 1 milliard d’euros et 17 % un CA inférieur à 500 M€.
Notre expert

Hind Laghmam
Associée