Cette cinquième édition du baromètre maritime a été réalisée dans le cadre de la journée Maritime Day du Salon International du Transport et de la Logistique 2025 (SITL) et a pour objectif de donner la parole aux chargeurs et d’évaluer leur perception en matière de transport maritime.
Notre cabinet réalise, en partenariat avec l’AUTF, ce baromètre pour définir des tendances et proposer ainsi une vision aux acteurs du secteur.
Les éléments d’analyse et les réponses recueillies permettent de dresser un état des lieux concernant :
• Le choix du port ;
• Le choix des compagnies maritimes ;
• La répartition modale que privilégient les chargeurs pour le pré ou post acheminement ;
• La lisibilité de l’offre maritime ;
• La satisfaction associée.
De ces considérations se dégagent des tendances d’évolution du transport maritime dans les prochaines années. En outre, cette nouvelle édition s’est enrichie, entre autres, de dix questions travaillées avec l’Université Gustave Eiffel afin d’éclairer la notion de « qualité de service » et de comprendre les critères qui conditionnent la satisfaction des chargeurs, dans leur diversité, à l’égard des différents modes (ici le maritime).
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Achat de transport et places portuaires
La majorité du panel, basée en France, est décisionnaire sur le choix de la compagnie maritime, du port et du transporteur terrestre
La part des répondants effectuant leur achat de transport uniquement en direct a légèrement baissé cette année, à 38% contre 45% l’année dernière. En effet, davantage de répondants ont recours à des commissionnaires de transport (40% contre 35% en 2023). La part de répondants ayant recours à la fois à l’achat en direct et aux commissionnaires a également augmenté passant de 20% l’an passé à 23% cette année.
Pour 85%, le centre de décision pour l’achat de transport est situé en France, un chiffre en légère hausse par rapport à 2023 (82%). En complément, la part de participants ayant un centre de décision localisé en Europe (hors France) est de seulement 8% (contre 12% en 2023), de même pour le hors Europe (contre 6% en 2023).
Places portuaires : Haropa, le Port d’Anvers et GPM Dunkerque se positionnent cette année en tant qu’axes principaux pour les flux au départ ou à destination de la France
Il s’agit là d’un changement par rapport à la précédente étude, où le GPM de Marseille arrivait en deuxième position et le GPM de Dunkerque quatrième.
Si Haropa est aussi utilisé qu’en 2023 (par 75% des chargeurs), le port d’Anvers est davantage sollicité que l’an passé (à 66%, soit une hausse de 11 points par rapport à 2023). 63% des répondants utilisent le GPM de Dunkerque contre 32% l’an passé, soit une forte hausse de 31 points par rapport à 2023. En revanche, le GPM de Marseille passe de 68% en 2023 à 38% cette année, tandis que le port de Rotterdam reste à la dernière place du top 5 à 25% (-5 points).
Précision importante : les résultats indiquent la montée des ports espagnols dans ce classement, tous les deux à 13% (le port de Barcelone se situait à 11% en 2023 et celui de Valence à 7%).
Une baisse de la qualité de service globale des compagnies maritimes
Dans l’ensemble, la performance des compagnies maritimes n’est pas jugée satisfaisante et semble s’être dégradée par rapport aux résultats précédents (60% jugent que la qualité globale du service s’est dégradée contre 36% l’année dernière).
Les principaux points d’insatisfaction concernent :
- Le respect des escales pour 69% des répondants ;
- Le prix du service (55%) ;
- Le respect des contrats (47%).
Ces points sont toutefois à mettre au regard des événements en Mer Rouge et de leurs répercussions.
Enfin, il est à noter que la politique environnementale obtient des résultats encourageants (39% l’estiment en amélioration et 46% stable dans un contexte de renforcement de la réglementation) et que la disponibilité des équipements est restée stable pour 59% malgré les évènements (31% estiment toutefois qu’elle s’était dégradée).
Des impacts importants en 2024
La congestion des ports en France est la première problématique à laquelle ont été confronté les répondants en 2024 (cela peut s’expliquer par la situation en Mer Rouge…). Viennent ensuite les grèves/blocages des ports français, avec des évènements pourtant très localisés en 2024 mais qui menacent de s’accentuer en 2025, suivis par le manque d’espace à bord.
Concernant les événements en Mer Rouge, 83% estiment que la situation a très fortement ou fortement impacté leurs opérations contre 17% qualifiant cet impact de moyen (aucune réponse négative sur ce critère).
Quelle projection pour 2025 ?
Les facteurs géopolitiques, les enjeux RSE et les évolutions du contexte énergétique constitueront des critères clés pour les choix de transport maritime en 2025 et au-delà.
Ces trois premiers facteurs d’évolution pouvant le plus influencer le choix du mode maritime à l’avenir sont les mêmes qu’en 2023 mais dans un ordre différent. Si les facteurs géopolitiques occupent toujours la première place, les enjeux RSE prennent cette année la deuxième place au détriment des évolutions du contexte énergétique, qui apparaissent en troisième position.
La RSE devrait rester un critère déterminant pour les chargeurs (bien que la part de répondants capables de faire l’impasse sur certains critères au profit de critères favorables à la transition environnementale soit en recul), en lien avec les nouvelles réglementations à venir.
Les données clés
Places portuaires
Il est à noter cette année la montée des ports espagnols dans le classement des ports les plus utilisés (le port de Barcelone et le port de Valence).
HAROPA, le Grand Port maritime de Dunkerque et le Grand Port maritime de Marseille sont les trois ports les plus actifs commercialement auprès des chargeurs du panel de cette année. On observe également une remontée du Grand Port maritime de Nantes Saint-Nazaire dans le top 5.
En 2024, 65% du panel se dit satisfait ou très satisfait des places portuaires françaises, soit 5 points de plus qu’en 2023. Ces résultats sont à mettre en perspective des nombreux mouvements de grèves de 2023 qui avaient impacté le fonctionnement du transport maritime.
C’est le port de Dunkerque qui obtient le meilleur score de satisfaction.
Compagnies maritimes
La CMA-CGM demeure la compagnie maritime la plus sollicitée par les répondants.
60% du panel estiment que la qualité de service globale des compagnies maritimes s’est dégradée en 2024.
Ainsi, les deux critères prioritaires pour le choix de la compagnie maritime sont la disponibilité de l’espace de chargement (critère qui n’était pas présent l’année dernière dans le top 5) et le transit time (idem).
Satisfaction
Avec une satisfaction globale évaluée à 2,77/6, le transport maritime semble ne répondre que partiellement aux attentes des chargeurs : on constate une chute de la qualité de service depuis le covid qui ne se résorbe pas (respect des délais, laissés à quai, sauts d’escale, blank sailing …).
Contexte 2024
La situation en Mer rouge a particulièrement impacté les opérations des chargeurs en 2024 : 83% du panel estiment que la situation en Mer Rouge a très fortement ou fortement impacté leurs opérations.
Perspectives
Les facteurs géopolitiques, les enjeux RSE et les évolutions du contexte énergétique constitueront, dans cet ordre, des critères clés pour les choix de transport maritime en 2025 et dans les années à venir.
Un baromètre représentatif
Le panel est composé de chargeurs industriels et de distributeurs utilisant le transport fluvial ou combiné, ayant répondu entre décembre 2024 et mi-février 2025 à un questionnaire en ligne adressé par l’Association des Utilisateurs de Transport de Fret (AUTF).
Il est composé de grandes sociétés d’importation et d’exportation venant principalement du secteur de la distribution (27%), des biens de consommation (17%) et de l’industrie agroalimentaire (15%). Ils représentent à eux trois plus de la moitié du panel de répondants (60%). Contrairement à l’année dernière, l’industrie de la chimie ne figure pas dans le top 3 des secteurs les plus représentés (et ne représente que 10% du panel).
Enfin, en termes de chiffres d’affaires, 51 % des répondants cette année réalisent un CA supérieur à 1 milliard d’euros, 10 % entre 500 M€ et 1 milliard d’euros et 39 % un CA inférieur à 500 M€.
Notre expert

Hind Laghmam
Associée